Chroniques d’une famille nombreuse en confinement – Jours 6&7


Famille nombreuse / dimanche, mars 22nd, 2020

Pfiouuu, samedi, 20h, j’ai bien cru que jamais je n’arriverais à me poser pour écrire l’épisode du jour (ah ba tiens, d’ailleurs, j’ai pas réussi). Non pas qu’il y ait eu beaucoup de choses à raconter hier mes pauvres amis, non. C’est surtout que les nains commencent, malgré leurs sorties quotidiennes, à trouver que la situation est quelque peu lourde à supporter. A moins que leur horloge biologique ne soit encore réglée sur une alternance semaine/week-end. Ce qui expliquerait du coup leur comportement totalement intolérable (pour le moins).

Bon, en même temps, il faut les comprendre les pauvres : avoir leurs parents sur le dos TOUTE la journée, TOUS les jours. « Et fais pas ci ! Et fais pas ça ! Et va me chercher le pull de ton frère ! Et va chercher le sel ! Et gnagnagni et gnagnagna ! » Rho la plaie. On est à ça de les voir se mettre en grève dis donc.

Et du coup, ils deviennent chiants pénibles agaçants difficiles à contenter. De fait, dans un enchaînement digne de la théorie des dominos en pleine guerre froide, nous avons nous même davantage de mal à garder notre calme. Enfin moi surtout évidemment, Papa Génial est d’un calme olympien lui, cet astre. J’en veux pour preuve cette action absolument magnifique ce matin au petit dej, lorsqu’il a voulu secouer la bouteille de jus d’orange (pourtant sans pulpe hein, parce que j’aime pas la pulpe) alors qu’elle n’était pas fermée. Bon ba moi, dans la même situation, je ne suis que stupeur et tremblements (pour le dire de façon chic, en vrai je me transforme en harpie déchainée). Lui sourit et va chercher du sopalin, sous mes yeux ébahis et stupéfaits. J’avoue, j’admire.

J’ai aussi cru hier qu’on allait encore passer une journée de plus sans conneries, mais heureusement, num2 a pensé à vous : elle a trouvé très drôle de peindre les lèvres de num3 avec du rouge. Du rouge à lèvre ? Taratata, que nenni. Du feutre à alcool indélébile, à 4€50 pièce. Et elle était contente. Et elle était fière. J’ai commencé par prendre les choses sereinement, avec bienveillance, en lui expliquant où elle avait fait une erreur, et que je lui serais gré de ne pas recommencer (c’est chiant la bienveillance, vraiment). Elle est partie en faisant la gueule et en râlant. J’avoue, j’ai pété un plomb. Remarquez que je crie nettement moins depuis une semaine, étrange répercussion de ce confinement (ou conséquence directe de la présence continuelle d’un deuxième adulte à mes côtés, je sais pas). Du coup quand j’explose, ça calme tout le monde.

Sinon, dans un autre registre, je perds mes proches les uns après les autres (pas pour de vrai, je vous rassure tout de suite, c’est une figure de style).

Ça a commencé avec mon père en début de semaine. Je l’ai appelé mardi pour prendre des nouvelles. Vous comprenez, 74 ans, seul dans un appart à lyon, j’avais peur qu’il trouve le temps long. Pensez donc. Outre le monceau d’articles qu’il écrit pour des revues à droite à gauche, il s’est mis en tête de suivre des confs au collège de France par internet (c’est ouf la technologie de nos jours), en hébreu dans le texte. Nannn, mais cherchez pas, on s’inquiétera quand il en sera à répondre au téléphone en grec ancien (peu probable, mais pas impossible connaissant le personnage). En même temps, il s’était fracturé l’épaule le premier jour des vacances d’hiver, sur la première piste. Probablement que l’univers nous envoyait un message.

On a ensuite perdu le parrain de notre grande, qui nous a envoyé une video absolument hilarante, mais prouvant qu’il était clairement à bout psychologiquement (et que Siri n’en menait pas large non plus d’ailleurs, mais c’est une autre histoire). L’histoire jugera (et vous aussi, je vous partage le truc, ça vaut le coup).

Ça a ensuite déteint sur des potes aujourd’hui qui, au bord du désespoir, m’ont incité à télécharger une appli totalement à propos en ces temps de déclin social : Houseparty (ils l’avaient testé vendredi soir, avec succès à priori). Je vous l’annonce tout de go, c’est le renouveau de l’apéro. On a commencé à 14h (enfin eux avaient commencé à 10h30, mais je balance pas hein), j’ai raccroché à 15h45 je crois. Après 4 verres de rosé (ne me jugez pas : d’une part c’est dimanche et d’autre part la moitié d’entre vous avez fait pareil, on le sait tous, pas la peine de mentir). On s’est donné rendez-vous au prochain rayon de soleil. Je sens que ça va devenir compliqué cette histoire.

Du coup je n’ose pas appeler d’autres potes, trop peur de ce que ça va donner. Je suis pas prête à assumer les conséquences éventuelles de tout ça (j’angoisse déjà de ne pas avoir assez de pinard pour tenir le coup, c’est dire).

Pour finir sur une note sérieuse, il ne nous reste plus que 8 rouleaux de PQ à date. Une fortune me direz vous, mais je vous rappelle que nous sommes 6 (enfin 5, num4 mettant encore des couches, et comme des couches on n’en manque pas, on ne risque pas de lui apprendre la propreté, vous pouvez me faire confiance). Toujours est-il que je suis à ça de lancer un plan ORSEC. J’estime nos réserves à 3 jours, après, il nous faudra réfléchir à des solutions drastiques. On a bien quelques boîtes de mouchoirs, mais pas de quoi repousser les courses aux calendes grecques. Rhaaa, lalalala, tout ceci va me coller des insomnies (nan, je plaisante, je vous rappel que num4 nous réveille à 6h le matin, aucun risque d’insomnie, croyez moi).

Bref, une première semaine est passée et on a tous survécu (et c’était pas gagné au départ quand même). J’ai reçu les plans de travail de num1 et num2 pour la semaine à venir. A priori, les instits ont décidé de se venger du fait qu’on soit toujours en vie (sans déconner, c’est quoi le projet ? Pourquoi ils nous en veulent à ce point ?).

Il me reste donc à vous souhaiter à tous bon courage pour cette semaine à venir. Plus que 4 (?). Et rappelez-vous : Houseparty.

Merci. Bisous. Merci.

4 réponses à « Chroniques d’une famille nombreuse en confinement – Jours 6&7 »

  1. Ça fait du bien de lire les expériences des autres dans ce moment complètement fou.
    Pour ma part, c’est pas le pinard qui va manquer mais la farine à force de faire crêpes et autres gourmandises.

    1. Alors oui, effectivement. Je mets en avant le pinard mais on fait notre pain et les goûters des enfants, donc la farine, la levure, les œufs et les laits sont aussi des denrées dont nous avons particulièrement besoin. Et on doit pas être les seuls à priori, il a fallut qu’on soudoie le caissier de notre petit supermarché d’à côté pour savoir quand est ce qu’ils étaient approvisionnés 😂

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