Le confinement à hauteur d’enfant


Parole de poussin / mercredi, avril 1st, 2020

Je ne sais pas si c’est de me voir écrire ou si c’est parce que sa prof leur a proposé de mettre par écrits leurs sentiments face au confinement, mais ma num1 nous a livré son propre point de vue sur ces 19 premiers jours. Et… franchement… Nan, je préfère vous laisser juge (mais je vous épargnerai les fautes d’orthographe, c’est pas la peine qu’on se mette tous à saigner des yeux hein). Aller, à la vôtre !

1. 😢 triste de ne plus voir la maîtresse et les copains

2. 😑 ennui total (j’ai été punie d’écrans) – à cette point du récit, je ne peux que souligner le fait que tout va très vite avec elle : le désespoir comme les punitions. Ah, et les emoticons sont vraiment dessinées sur sa feuille.

3. 🙁 debut du travail (et c’est pas fini)

4. 😊 presque mercredi (ah oui, alors du coup en fait, le 2 c’était seulement la fin du week-end)

5. 😑 ENNUI TOTAL (j’étais toujours punie) – les majuscules sont d’elle

6. 🙁 reprise du travail

7. 😊 presque le week-end !

8 + 9. 😑 (encore punie d’écrans)

10. 😖 c’est pas fini du tout !! (en fait, ça recommence !). Reprise du travail – ca y est, elle commence à comprendre à quoi va ressembler sa vie d’adulte

11. 😑 je me réjouis plus du mercredi (je suis toujours punie)

12. 😊 je lis un livre de mythologie grecque (ça fait passer le temps)

13. 😑 rien à dire, le confinement me rend dingue (et les devoirs ça aide pas !) – et moi donc ma chérie, et moi donc

14. 😊 quand j’aurai fini le boulot je pourrai lire !

15 + 16. 😊 je lis mais… 😢 j’ai presque fini le livre (oui je sais, je lis vite)

17. 😖 j’en ai MARRE (ça va faire 3 semaines !)

18. 😊 je vais lire demain – mais pourquoi diantre attendre mon ange ??

19. 😕 j’ai pas terminé le travail d’hier !

Voilà voilà. Je vous accorde que ça n’est pas de la grande poésie mais ça a le mérite d’être clair : elle se fait chier. Et punir. Beauuuucoup punir. Elle va finir par ne plus pouvoir approcher un écran avant la fin du confinement. Et elle n’a aucun talent pour raconter le temps qui passe non plus, parce qu’en vrai, elle est super souvent dehors, à s’inventer des histoires avec ses sœurs. Je crois même qu’elles se (re)découvrent, c’est chouette.

De mon côté, je n’ai pas trouvé le temps les 10 derniers jours pour vous écrire. Le travail à la maison des filles, les visioconférences et la reprise du sport (!!) m’ont pris toute mon énergie. Finalement et contre toute attente, le temps file à toute allure. Il parait qu’il faut 21 jours pour prendre une nouvelle habitude. Et ba les gars, on y est (avec un peu d’avance) : j’ai l’impression que tout ça a toujours existé. Comme si tout ce qui c’était passé avant le 16 mars n’existait plus réellement. Notre temporalité a été salement amochée ces derniers temps.

Je vais donc aller me coucher. Ah non, attendez, c’est l’heure de manger en fait. Rrrr, nan mais en plus, avec le changement d’heure, ça m’a tout fichu l’horloge biologique en vrac. Je sais plus où j’habite. Ah ba nan, ça non plus ça marche pas, j’habite forcement là où je suis puisqu’on n’a pas bougé depuis bientôt 3 semaines. Je commence à vriller. Vous aussi je suis sure mes pauvres amis. Le 4 mai n’a jamais été aussi loin. On va tous mourir. Adieu. (Vous aussi vous trouvez que j’exagère un poil ? Ouais, vous avez raison. On va pas tous mourir. On va peut être juste tous penser très fort à trouver une corde pour abréger nos souffrances).

En attendant, je vais écouter les super bonnes nouvelles qu’on nous a concoctées pour le journal du soir. Merci. Bisous. Merci.

2 réponses à « Le confinement à hauteur d’enfant »

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