Dire au revoir à une maison de famille


Inclassable / mercredi, février 27th, 2019

Il y a 16 ans, mes parents ont eu envie d’acheter une maison de campagne. Idée saugrenue nous sommes nous dit avec mon frère, pour eux qui nous avaient fait quitter la campagne normande 10 ans plus tôt pour emménager à Lyon. Et puis chacun de nous s’est marié et a eu des enfants. Et cette maison de campagne est naturellement devenue ce qu’il est coutume d’appeler une maison de famille. Cette maison où l’on se retrouve pendant les vacances, ou l’on fête les anniversaires, les fêtes de fin d’année, parce que très vite, c’est le seul endroit assez grand pour tous nous réunir.

Cette maison de famille, elle en a connu des évènements en 16 années. La naissance de mon neveu puis ses premiers pas. Mon mariage avec Papa Genial, et l’année d’après la naissance de ma nièce et de num1, puis leurs premiers pas. Num2 et num3 évidemment, leurs premiers pas là encore. Les chutes plus ou moins acrobatiques de tout ce petit monde naturellement : ouverture d’un menton – et visites des urgences de Pont de Beauvoisin, qui n’ont d’urgence que le nom malgré la sympathie évidente du personnel medical – chutes de draisienne, puis de vélo, chutes d’arbres, bref, tout l’éventail des possibilités. Elle a été le camps de base de nos vacances aux ski, le point de ralliement des weekend entre potes, le centre névralgique des fêtes de famille.

Et puis le décès de ma mère a changé la donne, mon père ne souhaitant plus passer une partie de l’année seul dans cette maison. L’idée de la vendre s’est alors imposée, pour alléger les frais et les souvenirs. Sur le moment, on s’est dit que oui, évidemment, c’était la meilleure solution. Qu’on se retrouverait ailleurs, qu’on pourrait faire les travaux en attente chez nous et que ça quand même, ça serait chouette (ouai, clairement, des chambres et des escaliers, ça serait chouette).

Le temps a passé, la maison était toujours là. Un premier Noël, un second, deux étés ont filés avec les enfants qui continuaient à courir dans le jardin. On se disait qu’il fallait en profiter, que c’était la dernière fois… tout en admettant que c’était quand même sympa de l’avoir cette maison.

Et puis le 5 janvier, on a eu une offre. Un couple de futurs retraités sont tombés amoureux de la maison, ils ont 5 enfants, des petits enfants à venir, ils voulaient un endroit où pouvoir réunir tout ce petit monde à leur tour. On a sauté de joie, ouvert le champagne, célébré nos futurs chambres et escaliers. On a mis en place un planning pour faire les cartons, on a choisi les meubles qu’on voulait garder, ceux qu’il fallait emmener chez Emmaüs, à la déchèterie, on a planifié les weekend déménagement comme on part en guerre.

On est rentré du ski, la première vague était planifiée ce début de semaine. On a vidé la bibliothèque et num1 a dit : « ça fait quand même bizarre la bibliothèque toute nue ». Oui mon poussin, ça fait bizarre tu as raison. Mais on a aussi bien ri en tombant sur des photos vieilles comme mes robes (je SAIS que la vraie expression c’est vieux comme Herodes), on a replongé dans nos souvenirs, on a encré nos enfants dans leur histoire en leur montrant les photos de mariage de leurs arrières grands-parents et en retrouvant de vieilles lettres datant du début du siècle (et des carnets de bal très Autant en emporte le vent, chic à mourir). On s’est aussi rendu compte que chacun conserve les souvenirs qui lui sont propres : ma mère avait gardé des centaines de photos et de papiers de ma grand mère, qui n’ont malheureusement plus grand intérêt pour nous et que l’on a choisi de jeter, après avoir fait le tri quand même. (J’ai aussi un peu pleuré sur ma ligne de jeune fille, mais bon, Papa Génial reste persuadé que je vais la retrouver en cherchant bien, je ne cherche plus à le détromper).

Oui, cette tête de troll éberlué, c’est bien moi !
Mon Dieu, nous étions tellement jeunes… enfin moi surtout 🙂

Bon, on ne va pas se le cacher, on a de nouveau fait le constat qu’on entasse bien au delà du raisonnable dans une maison. Les tours à la déchèterie vont être nombreux et on est loin d’avoir fini. Des surprises sont encore à prévoir et d’autres souvenirs vont ressurgir, pour le plus grand plaisir des enfants (qui voudraient bien tout garder vous pensez bien. Si on les écoutait on se contenterait de vider d’un côté pour remplir de l’autre).

En attendant, on profite de chaque instant, comme si nous n’avions pas eu le temps avant, dans l’ignorance que nous étions de devoir un jour y renoncer. Quoi qu’il en soit, num4 ne fera pas ses premiers pas dans cette maison de famille, c’est dommage, la boucle aurait été bouclée.

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7 réponses à « Dire au revoir à une maison de famille »

  1. Nous aussi on risque bien de dire adieu à la maison de campagne drômoise après 30 années passées… Mais finalement, ça ne me rend pas si triste car les souvenirs eux seront toujours en tete, en photos, en dessins, dans divers petits objets qui nous rappelleront cette maison et les moments passés. Et puis il y a tellement de futurs souvenirs en devenir, qui se feront ailleurs, et c’est ça qui est excitant !

  2. Comme tu es belle Béné !! c’est tellement toi ces photos de jeunette … bon courage pour la suite, et oui il faut se dire que ce ne sont que des murs qui profiteront à d’autres, et que les souvenirs ne s’évaporent pas dans un déménagement

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